Technicien, Accordeur et Facteur de pianos

François-Jérôme VINCENT

Entretien, Rénovation, Réglages, Fabrication 

Alourdir ou alléger le toucher d'un piano

C'est une demande fréquente qui est souvent résolue sommairement par les techniciens. 


Avant de trouver une bonne solution technique, il faut résoudre les problèmes les plus évidents. La sensation de poids peut venir d'un excès de frottements, dont les sources sont multiples :

- touches qui coincent (mortaises, plombs, etc.)

- axes de mécanique (marteaux, chevalets, chevalets d'étouffoirs)

- mauvaise qualité du réglage de la mécanique ou des étouffoirs


Si tous ces points sont contrôlés et ne présentent pas de défaillance, il faut envisager une solution plus technique. 

D'où vient le poids d'une mécanique de piano à queue ?

Il faut comprendre que plusieurs pièces sont en mouvement. Pour simplifier, il y a :

- la touche

- le chevalet de mécanique

- le marteau

- et les étouffoirs (mais mettons ceux-ci de côté pour l'instant)

Chaque pièce est mise en mouvement par le pianiste. Par l'effet des rapports de levier et de la forme des pièces, chacune se déplace, mais pas de la même distance que les autres. 

- La touche : Elle s'enfonce généralement de 10 mm au niveau des frontons.

- Le chevalet de mécanique : Il se lève d'environ 5 mm au niveau de son talon (contact avec le pilote).

- Le marteau : A son sommet, il parcourt une distance d'environ 48 à 50 mm pour jouer la note. C'est donc lui qui parcourt la plus grande distance, dans le même temps que les autres pièces. Il a la plus grande vitesse angulaire, donc la plus grande inertie.

On peut donc conclure que si la mécanique est lourde et qu'elle n'a aucun problème de frottements, les marteaux eux-mêmes sont trop lourds. Il faudra donc les remplacer par des marteaux plus légers. 

Nous pesons chaque marteau au dixième de gramme près. En plus de contrôler leur poids, cela nous permet d'avoir une régularité parfaite des basses aux aigus, et d'obtenir ainsi un toucher extrêmement égal et régulier.

A part Stephen Paulello qui fut pour beaucoup (avec David Stanwood) dans l'élaboration de cette théorie, aucune usine n'effectue ce travail, d'où des irrégularités flagrantes de toucher, même sur des pianos neufs.


L'équilibrage de clavier

Il consiste à régler la force minimale pour que la touche s'enfonce depuis sa position de repos jusqu'au point d'échappement (poids statique descendant), ainsi que le poids maximal que la touche est capable de soulever depuis la position qui précède l'échappement jusqu'à sa position de repos (poids statique ascendant). 

Les deux valeurs ne sont pas égales puisque la mécanique est toujours soumise à des frictions diverses. Les frottements s'opposent toujours au mouvement. 

En ajoutant (ou en enlevant) des plombs dans les touches, nous pouvons modifier ces valeurs. 


Page en construction...