Technicien, Accordeur et Facteur de pianos

François-Jérôme VINCENT

Entretien, Rénovation, Réglages, Fabrication 

Restauration / Rénovation de pianos

La restauration (ou rénovation) nous permet de "recréer" des instruments, parfois en mauvais état, afin de leur redonner toutes les qualités qu'ils ont perdues avec le temps. Nous respectons les particularités des instruments sur lesquels on travaille. Chaque résultat est unique. 

Nous optimisons le toucher et la sonorité en fonction des desiderata du pianiste. Nous tenons compte du (des) lieu(x) où le piano sera utilisé, et de la fréquence d'utilisation. 

Toutes les photos sont celles d'instruments que nous avons rénovés. Découvrez certains de nos travaux plus en détail dans l'onglet Nos réalisations

LA STRUCTURE HARMONIQUE

Table d’harmonie, chevalets, cordes, cadre, et sommier

Son rôle

Cet ensemble est le « cœur acoustique » du piano. Les cordes transmettent à la table une vibration. Celle-ci fonctionne (presque) comme la membrane d’un haut-parleur. C’est elle qui va rayonner le son. Elle fait vibrer les couches d’air qui atteignent nos oreilles et nous permettent d’entendre. Sa mobilité est donc importante. De même, les cordes doivent être en état de transmettre le plus efficacement possible l’énergie du marteau (marteau dont nous parlerons plus loin). 

La vibration des cordes est transmise à la table d'harmonie par l'intermédiaire d'une pièce de bois appelée chevalet (comme sur un violon, une guitare, etc.). Mais sur le piano, les cordes passent généralement dans une "chicane" entre deux pointes d'acier enfoncées dans le chevalet. Cela permet de plaquer les cordes sur le chevalet. Pour la même raison, les cordes doivent être "en charge" sur le chevalet. Cela signifie qu'il y a normalement une pression des cordes sur la table (environ 200 kg). Lorsque la table s'affaisse avec le temps, on perd cette pression.

Chevalet de table d'harmonie

Le cadre métallique, fondu en une seule pièce, est destiné à résister à la tension des cordes. Celle-ci peut monter jusqu’à 24 tonnes sur certains pianos de concerts. Le cadre en fonte a été inventé au XIXème siècle, mais tous les fabricants ne l’ont pas utilisé immédiatement. Néanmoins, à partir de 1900, on ne trouve pratiquement plus de piano sans ce cadre. Tous les pianos modernes en sont donc équipés. 

Le sommier est la pièce en bois, percée, dans laquelle sont prises les chevilles. Il est constitué de plusieurs couches de bois durs collées entre elles. Son état conditionne la tenue d’accord.

Nos réparations

La table d’harmonie est fréquemment fendue sur les pianos anciens, en raison des variations hygrométriques. Afin de maintenir son intégrité, il est donc nécessaire de combler les fentes en posant des flipots, minces pièces d’épicea qui combleront les fentes. Quelques-fois, les barres de table (situées en-dessous) sont décollées. Il est donc primordial de les recoller, afin d’éviter les vibrations parasites. Nous pouvons également revernir la table.

Pour retrouver une pression suffisante des cordes sur la table d’harmonie, il est nécessaire de remplacer la partie supérieure du chevalet (appelée doublette, ou semelle), ce qui nous permet de varier son épaisseur et donc de régler correctement la charge des cordes.

Le cadre métallique est la seule pièce qui s’altère assez peu, sauf sur certaines marques (Bechstein notamment), où il est fréquent qu’il casse. La plupart du temps, seule la dorure mérite d'être refaite. 

Nous changeons les pointes d’accroches, remplaçons les agrafes, et ponçons le capodastre (la partie du cadre qui appuie sur les cordes dans les aigus), pour enlever les empreintes de cordes.

Nous changeons les différentes garnitures en feutre, et souvent même les tourillons de bois qui entourent les chevilles.

Lorsque la tenue d'accord devient mauvaise, nous testons la résistance des chevilles. Si celle-ci est trop faible, le sommier en bois peut être fendu et doit être remplacé. 

LA MECANIQUE ET LE CLAVIER

Leur rôle

Dissimulée derrière le cylindre, la mécanique est mal connue des pianistes. Celle-ci ne se limite pas aux touches noires et blanches. Malgré cette méconnaissance, les pianistes sont particulièrement sensibles au toucher. 

C’est cette mécanique qui est responsable du toucher. 

Les pianistes nous parlent du toucher en utilisant différents termes : lourd, léger, dur, mou, fatiguant, confortable, facile, difficile, rapide, lent, réactif, irrégulier, inconsistant, désagréable, etc.


Pour mieux comprendre pourquoi les sensations diffèrent selon les pianos, une explication du fonctionnement de la mécanique s’impose.

Clavier et mécanique d'un Steinway B

Le fonctionnement de la mécanique

Tout d’abord, comprenons bien le principe. Afin d’offrir la possibilité de faire des nuances, le piano est doté pour chaque note d’un marteau. La vitesse à laquelle on va frapper la corde va conditionner la puissance sonore. L’enfoncement de la touche doit donc faire lever le marteau.

Mais celui-ci ne doit pas rester collé à la corde lorsque la touche reste enfoncée après la frappe, auquel cas il étoufferait le son. On a donc inventé le système de l'échappement. Le marteau se rapproche de la corde lorsqu'on enfonce la touche, mais une fois arrivé à 2 millimètres de la corde, il est libéré et n'est plus contrôlé par la touche. Il "s'échappe" et termine sa course grâce à son élan. C'est la raison pour laquelle il faut une force minimale pour faire un son sur un piano. 

Ce système d'échappement est possible grâce au chevalet de mécanique (ne pas confondre avec le chevalet qui soutient les cordes sur la table d'harmonie !). Cette pièce, positionnée entre le marteau et la touche, est dotée d'un bâton d'échappement en forme de L qui va pousser le marteau et s'écarter au dernier moment, pour ne plus agir sur celui-ci. 

Fonctionnement d'une mécanique

Le piano à queue moderne est doté d'un autre système particulier, qui facilite le travail des virtuoses. C'est le système de répétition, appelé vulgairement "double-échappement". Il s'actionne après la frappe du marteau sur la corde. Le bâton est dégagé, le marteau retombe, attrapé par l'attrape à 15 millimètres des cordes. Le levier de répétition est comprimé par le rouleau du marteau. Dès que la touche est légèrement relâchée, l'attrape libère le marteau qui ne retombe pas, mais remonte grâce au levier de répétition et son ressort

Le bâton peut ainsi se replacer sous le rouleau avant que la touche ne soit entièrement revenue à sa position de repos. Cela permet de répéter la note immédiatement, ce qui est plus difficile sur un piano droit. 

Le principe de ce système a été breveté par le français Sébastien Erard en 1821, puis adopté et amélioré par les autres fabricants tout au long de la seconde moitié du XIXème siècle. Tous les pianos à queue modernes en sont donc équipés, mais avec plus ou moins d'efficacité. 

Comment expliquer des différences de toucher, d’un piano à l’autre ?

Comme on vient de le voir, la mécanique est constituée de leviers. On peut assimiler la touche à une balançoire. Imaginez une balançoire, avec une personne de 60kg, et une autre de 70 kg. La différence de poids est de 10 kg. Imaginez maintenant une deuxième balançoire, avec deux éléphants : un de 500 kg, un de 510 kg. La différence est toujours de 10kg. Pourtant, la deuxième balançoire va être beaucoup plus difficile à mettre en mouvement que l’autre.

Tout tient dans la répartition des masses de chaque côté du levier. D’un côté, on a le poids du marteau. De l’autre, les plombs de compensation.

  • Si les deux masses sont trop importantes, la mécanique est lente, répète mal, et devient fatigante en jeu rapide.
  • Si les deux masses sont trop faibles, la mécanique paraît « facile » à jouer, mais devient difficilement contrôlable. C'est, comme souvent, une affaire de compromis. 

Nos réparations

Lorsque le piano est récent, et que le toucher vous convient, nous pratiquons le plus souvent une simple révision des réglages de la mécanique. La fréquence recommandée de cette révision est variable selon les paramètres suivants :

  • la fréquence d’utilisation du piano

  • sa qualité de fabrication (sa fiabilité)
  • les conditions dans lesquelles il est entreposé
  • votre propre exigence.
  • Pour un pianiste amateur pratiquant peu, une révision tous les 5 ans peut tout à fait suffire si le piano était bien réglé au départ, avec un à deux accords par an. Mais nous pouvons faire une révision mécanique complète annuellement, pour un pianiste professionnel, avec plus d’une douzaine d’accords dans l’année !

    Un technicien sérieux va réaliser à chaque accord de l’instrument, des retouches d’harmonisation indispensables au maintien d’une bonne qualité sonore, et ce que vous soyez amateur ou professionnel.

    Collage des têtes de marteaux, manches neufs.

    Si votre piano a vieilli, ou que le toucher et la sonorité ne vous conviennent pas, ou encore lors d'un déménagement entraînant un changement au niveau acoustique, vous pouvez faire appel à nous pour rénover votre piano, ou l'adapter à votre goût

    Si le problème vient du toucher, nous pouvons envisager d’alourdir ou d’alléger votre mécanique suivant vos propres envies. Par exemple, si votre clavier est trop léger, nous ajoutons temporairement des petites masses sur les pièces d’origine afin de trouver avec vous des sensations agréables. S’il est trop lourd, nous contrôlons d’abord toutes les frictions, puis nous mesurons le poids de vos marteaux d’origine, afin de réduire celui des nouvelles pièces.

    Nous calculons les poids idéaux des marteaux en fonction du résultat de l’expérience, et nous montons les nouvelles pièces avec le poids adéquat, au dixième de gramme près.

    Vous pouvez donc apprécier, à l’avance, le nouveau toucher qu’aura votre instrument après la réparation. C’est une garantie du résultat.

    Si le problème est essentiellement sonore, nous pouvons pratiquer une simple harmonisation si votre piano le permet. Il arrive même que le problème sonore ne vienne pas de votre piano mais de l’acoustique de votre pièce ! Nous pouvons identifier le problème avec vous, et le résoudre aisément.

    Vous avez une question sur le fonctionnement du piano ? 

    N'hésitez pas, nous vous répondrons avec plaisir.

     
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